Meryl McMaster

Exposition

Meryl McMaster

Aussi vaste que le ciel

Meryl McMaster a cherché à réunir la sagesse et le folklore de son double héritage.

Commissariat :Verity Seward

L'exposition

Suite à l’obligation de fermer temporairement la Galerie Canada en raison des événements actuels, l’équipe de la diplomatie culturelle du Haut-commissariat du Canada a travaillé sans relâche pour donner vie à l’exposition de Meryl McMaster dans notre nouvelle Galerie Canada virtuelle. Vous pouvez y explorer toutes les œuvres présentées dans l’exposition, accompagnées de commentaires de l’artiste et d’éléments audiovisuels exclusifs et inédits. Nous remercions l’artiste, les commissaires d’exposition Verity Seward et Oceana Masterman-Smith de The Baldwin Gallery, l’IKON Gallery de Birmingham et la Dahdaleh Foundation pour leur soutien.

Meryl McMaster est une artiste canadienne qui vit et travaille à Ottawa. Elle qualifie son travail de photographie sculpturale et joue avec la mise en scène d’accessoires et de vêtements construits pour examiner sa propre identité et individualité. Meryl McMaster a un double héritage. Elle est Nêhiyaw (Cris des plaines) et membre de la Première nation Siksika du côté paternel et a des ancêtres britanniques, néerlandais et écossais du côté maternel.

Pour sa dernière série, Aussi vaste que le ciel (2019), Meryl McMaster a cherché à réunir la sagesse et le folklore de son double héritage. Elle a parcouru le Canada à la recherche de lieux d’une importance particulière pour ses ancêtres en suivant les voies navigables et les anciennes pistes de campements à la croisée de l’histoire sociale, culturelle et environnementale. Ses autoportraits font revivre la mythologie et les anecdotes familiales à travers un paysage qui l’amène à réaliser son propre parcours de transformation personnelle.

Dans cette série Meryl McMaster puise dans les thèmes de la mémoire, de la migration, de la généalogie et du temps et marche dans les traces de ses ancêtres. Ses images explorent la jonction entre son héritage autochtone et européen tout en révélant le legs conflictuel de l’histoire coloniale canadienne.  McMaster est représentée à Londres par The Baldwin Gallery, à Toronto par la Stephen Bulger Gallery et à Montréal par Pierre-François Ouellette Art Contemporain.

En toile de fond des images de McMaster, vous pourrez entendre la musique du lauréat du prix Polaris, Jeremy Dutcher. Membre de la Première Nation Tobique du Nouveau-Brunswick, Jeremy a d’abord fait des études musicales à Halifax avant de saisir la chance qui lui était offerte de travailler aux archives du Musée canadien de l’histoire, où il a transcrit minutieusement les chansons de Wolastoq à partir de cylindres de cire datant de 1907. Son premier album, Wolastoqiyik Lintuwakonawa, se fait l’écho du dialogue profond qu’il a entretenu avec les voix de ses ancêtres. Bien que d’origines autochtones différentes, Dutcher et McMaster partagent le même désir de tisser de nouveaux liens avec leur passé ancestral.

Meryl McMaster à la Galerie Virtuelle du Canada

L’édition numérique de cette exposition présente un contenu inédit, notamment des commentaires par la commissaire de l’exposition, Verity Seward, et des poèmes qui accompagnent chaque œuvre écrite par Mme McMaster elle-même, en français et en cri.

Que vais-je dire au ciel et à la terre I

Que vais-je dire au ciel et à la terre I & II

Forêts de Manitoulin, glaces côtières du lac Érié.
Harmonie et récurrence
Les saisons se résorbent et se répètent.
La nature cyclique du temps et de la vie, année après année
La forêt, un lieu d’ancienne stabilité.
Les cycles de l’eau, qui partent ailleurs, mais reviennent toujours à la source.
Manteau en membrane d’intestin – protecteur, imperméable

Mouche de mai Araignée d’eau.
Couvre-moi,
Formes de vie importantes, mal comprises et souvent cachées.
Harmonies fragiles
Témoins de la puissance de la vie – le brut et le beau.

eur silence présage notre chute.

Lieu : Misery Bay/Île de Manitoulin et Cyrstal Beach/lac Érié

 

Que vais-je dire au ciel et à la terre I – 2019, Épreuve chromogène numérique, 114,3 x 76,2 cm

Que vais-je dire au ciel et à la terre II

kikway ta wihtamowāwak kīsik ēkwa okāwiymāw askiy I & II

sakāwa osci Manitoulin, kihcikamihkwa maskwamiya osci
sākahikan Erie.
pēyahtikwan ēkwa kāwi ispayihowin
kā mēskocipayiki ēkwa kāwi ispayinwa.
kā ispayik tāpitaw tipahikan ēkwa pimātisiwin, askiy kotak
askiy
sakāw, ēta kayās pēyakwan tāpitaw.
nipiy ispayinwa, itohtēmakahk māka tāpitaw kāwi ē wāyinwēt.
tāmiyowa-asakay miskotākay, nipiy nakinikan

sākipakwaōcēs. nipiy pimihcēs.
akonahon,
moy nistohtamēcik, āskaw kāsohēcik, mistēhtakosicik pimātisowinisa.
wahkēwina pēyahtikēwina
wāpahtamok pimātisiwin ēsohkahk – ē takahkinākwahk ēkwa ē
wāpahtamihk.

kāwātisiwak ta wihtamākonaw kiyānaw ta pahkisinaw.

tāntē: Misery Bay/Manitoulin Island and Cyrstal Beach/Lake Erie

 

Que vais-je dire au ciel et à la terre II – 2019, Épreuve chromogène numérique, 101,6 x 152,4 cm

Dans ce diptyque, Meryl McMaster porte différentes versions du même costume, s’inspirant d’un manteau inuit en peau d’intestin – un vêtement imperméable utilisé pour la pêche qu’elle a vu lors d’une visite au musée British Museum. Le manteau est orné d’éphémères et d’araignées d’eau, deux espèces qui jouent un rôle crucial dans le maintien de l’équilibre écologique.

Tandis que l’impact collectif de l’humanité sur le monde naturel se fait de plus en plus sentir, nombreux de ces insectes disparaissent silencieusement. Meryl McMaster nous invite à revoir de toute urgence la façon dont nous gérons nos écosystèmes fragiles. Elle nous met en garde contre la disparition d’espèces dans le monde naturel qui atteindra bientôt un dangereux point de non-retour.

Ces insectes aquatiques ont un cycle de vie rapide qui se répète d’année en année. Jetant toujours un regard sur le passé pour guider le présent, Meryl McMaster s’intéresse à un nouveau modèle de reconceptualisation du temps, récurrent et cyclique, plutôt que purement linéaire.

Au bord de cette immensité

Au bord de cette immensité

Voyager en terre inconnue.
Avec des oiseaux pour compagnons et guides.
Revenir sur les pas de mes ancêtres.
Sur des chemins si souvent fréquentés.
Vastes migrations sur la terre et l’eau.
Entrer en contact avec ma famille.
Voyages qui m’amènent ici.
Le temps passe, cyclique.
Voyages qui mènent au cœur de mon être.

Lieu : Gore Bay, île Manitoulin, Ontario

kisipāyihk ōta kā misāk

pimācihowin ēsi askiya mōy kā kiskēhtamihk.
pēyisīsak niwīcīwākanak ēkwa itohtahikēwak.
kayāsi osci tahkiskācikanēwina.
mēskanāsihk kā pimohtēhk mihcētwā.
mihcēt misi pimācihowina sāpohtēhk askiy ēkwa nipīhk.
nakiskawihcik wahkōmākanak.
ēta pimācihowina ōta kā takohtēmakahki.
tipahikan māmēscipayin tāpitaw.
pimācihowina itohtēmakahki nitahcikohk.

tāntē: Gore Bay, Manitoulin Island, Ontario

 

Au bord de cette immensité – 2019, Épreuve chromogène numérique, 101,6 x 152,4 cm

Cette image évoque les grandes migrations de populations qui ont traversé les océans au fil des siècles. Meryl McMaster s’intéresse aux nombreuses familles et aux nombreux migrants qui sont arrivés au Canada par bateau puis ont poursuivi leurs explorations, y compris ses propres ancêtres.

Cette photographie a été prise à Gore Bay, non loin du lieu où l’arrière-grand-mère maternelle de Meryl McMaster est née ; une région de l’Ontario où McMaster n’était jamais allée avant de commencer ce projet. Ses recherches lui ont appris qu’il y a plusieurs siècles ses ancêtres maternels étaient venus en bateau des Pays-Bas pour s’installer en Amérique du Nord. Ils se sont tout d’abord installés à New York, mais à l’époque de la Révolution américaine, ils ont fui vers le Canada, s’installant d’abord autour de Picton, en Ontario, puis se déplaçant vers le nord, jusqu’à l’île de Manitoulin. Enfin, ils se sont dirigés vers l’ouest jusqu’à la Saskatchewan où ils se sont installés de façon permanente et sont devenus agriculteurs.

Les oiseaux sont souvent présents dans les photographies de Meryl McMaster et jouent fréquemment le rôle de compagnons ou de guides dans ses voyages. Portant sur ses épaules une barque remplie d’étourneaux et de corbeaux, Meryl McMaster conduit les oiseaux vers un lieu sûr et nous rappelle combien il est important de protéger notre environnement naturel.

D’un lieu tourmenté et immobile

D’un lieu tourmenté et immobile

Établir un lien avec l’histoire et la culture de ce lieu.
Chercher ceux d’avant.
Une maison d’enfance.
Nohtâwiy.
Le désir.
Un lieu qui a connu des moments de paix et de lutte.
Qui porte des ancêtres.

Lieu : Mkisiw-wacîhk (Première nation Red Pheasant), Saskatchewan

osci ēta kīyapic mōy kā kāmwātahk

ē nitonikātēk ta mistowinamihk osci kā kī ispayik ēkwa
sihcikēwin osci ōta.
ē nitoniwēhcik kā kī pē nīkānohtēcik
.awāsisi wīkowin
nohtāwiy.
Kaskēhtamowin.
ēta kā kī wāpahtamihk pēyahtikēyimowin ēkwa ayimohowin.
ē tahkonēhcik kā nīkānohtēcik.

tāntē: mīkisiw-wacīhk (Première nation Red Pheasant),Saskatchewan

 

D’un lieu tourmenté et immobile – 2019, Épreuve chromogène numérique, 101,6 x 152,4 cm

Dans D’un lieu tourmenté et immobile, le lien familial qu’entretient Meryl McMaster avec le paysage s’ouvre pour englober l’héritage plus large de la colonisation au Canada. Cette image a été prise sur la Première nation de Red Pheasant en Saskatchewan, près de la propriété familiale où son père est né et a grandi. La région était autrefois très boisée jusqu’à ce que la terre soit vendue à un fermier qui a coupé tous les arbres. Son père lui racontait des anecdotes sur son enfance, comment il montait à cheval et faisait de la luge en hiver.

Le titre « tourmenté et immobile » évoque un sentiment de tromperie dans ce paysage apparemment serein. Les réserves restent des sites très politiquement chargés, qui résonnent de la mémoire du système des pensionnats et du projet colonial d’assimilation agressive, auquel ont été soumis de nombreux peuples autochtones. Portant dans les deux mains d’anciennes cloches d’école, elle fait revivre les expériences des nombreuses générations qui ont vécu sur cette terre avant elle. Autour du cou, elle porte des médaillons contenant des photos de membres de sa famille.

Meryl McMaster mélange avec créativité les courants de son double héritage. Sa coiffe, faite de plumes d’oie et de dinde teintes, rappelle celle que les chiens soldats portaient dans les cérémonies de pow-wow dans cette partie du sud de la Saskatchewan. Le tartan vert est celui du clan Campbell et fait référence aux racines écossaises de l’artiste, du côté maternel.

Rentrer chez moi

Rentrer chez moi

Le temps a passé.
Le jeune enfant buffle est tombé du travois de ses parents pendant le voyage.
Il a été trouvé et élevé par le peuple des bisons.
Un jour, il a dû choisir entre sa famille humaine et sa famille de bisons.
Ne pouvant se contenter d’une seule, il a choisi de mostos awasis asini pour l’éternité.
La pierre sacrée, mostos awasis asini, repose dans le lac.

Lieu : Mostos awasis asini (pierre de l’enfant buffle), lac Diefenbaker, Saskatchewan

ē nitomikowiyān ta kīwīyān

kayās āsay kī pē ispayin.
aspin ana paskwāwi moscosis nāpēsis kā nihcipayit onīkīhkwa
otāpācikanīhk kā pimācihocik.
ē miskawiht ēkwa ē ohpikihikot paskwāw mostosak ayisīniwak.
pēyakwā ispayik ta nawasōnāt wītisāna otayisīnīmak ahpo
paskwāw mostosak.
pokwātam namôya wītisāna ē kī nawasōnāt, itasiwēw ta ispayit
mostos awāsis asinī kākikē.
ana kā māhtāwisit asini, mostos awāsis asinī, atāmipīhk apōw
sākahikanihk.

tāntē: mostos awāsis asinī (Buffalo Child Stone), Lake Diefenbaker, Saskatchewan

 

Rentrer chez moi – 2019, Épreuve chromogène numérique, 101,6 x 152,4 cm

Le lac Diefenbaker est un lac artificiel qui a été inondé vers 1966 pour créer un barrage. Après avoir parlé à un gardien du savoir dans la communauté proche de la réserve de son père, Meryl McMaster a appris l’histoire d’une pierre sacrée, la Pierre de l’enfant buffle, qui existait autrefois à l’emplacement actuel du fond du lac. C’était une véritable pierre qui a servi de point de rassemblement et de connexion à de nombreuses nations pendant plusieurs siècles. Lorsque le lac a été créé, les autorités ont essayé de déplacer la pierre, mais elle était trop grosse. Ils ont fini par la faire sauter à la dynamite contre la volonté des communautés autochtones de la région.

Cartographie de l’invisible

Cartographie de l’invisible

Dunes des anciens lacs.
Eaux de fonte glacées,
transformant les paysages,
recouvrant des vies antérieures.
Un lieu autrefois foisonnant de vie,
voix otchak ka sâkowet.
Enraciné dans une époque lointaine, mais toujours présente.
Effaçant et réécrivant en permanence.
Un trésor de sagesse et d’expérience cachées.

Lieu : Yehkaw wacihk (Les grandes dunes de sable), Saskatchewan

ēsinākwahk kaya kā wāpahtamihk

ispacināsa osci kayāsi sākahikana.
miskwamīy tihkitēwāpoy,
mēskocipayiki askiya,
kayās osci ki pimātisowiniwa.
ēta mihcēt kīkwaya kā kī wīkicik,
otchak kā sākowēt pihtākosōw.
kayās osci wāhyaw tipahikan.
nayistaw ē kāsihkātēk ēkwa kāwi masinahamihk.
ēta kā kācikātēki iyinīsowin ēkwa kiskēhtamowin.

tāntē: yēhkaw wacīhk (The Great Sandhills), Saskatchewan

 

Cartographie de l’invisible – 2019, Épreuve chromogène numérique, 101,6 x 152,4 cm

À première vue, cette image semble être un paysage inhabituel dans les prairies canadiennes. Elle a été prise aux Great Sandhills, la deuxième plus grande dune de sable active du pays, façonnée il y a des millions d’années par les eaux de fonte des glaciers et située en Saskatchewan. Au cours des dernières décennies, la région a été réquisitionnée par l’agriculture industrielle et les sociétés pétrolières et gazières. De nombreux gazoducs ont été construits dans la région, ce qui a eu un impact sur l’habitat d’une grande partie de la faune locale.

Suivant le tracé d’une ancienne piste de campement qui aurait traversé cette zone, Meryl McMaster traverse les dunes en portant une coiffe spectaculaire qui rappelle la grue blanche, une espèce menacée. Inspirée par les canards leurres utilisés par les chasseurs pour attirer d’autres animaux, la coiffe de Meryl McMaster, telle une balise, sert à avertir la faune locale et à la conduire en lieu sûr. Les sables toujours changeants des prairies venteuses offrent une puissante métaphore de l’histoire de l’oppression coloniale : l’effacement systématique, la réécriture et le recouvrement des vies antérieures et des espèces endémiques.

Parmi tous les univers, un seul nous appartient

Parmi tous les univers, un seul nous appartient

Les falaises de Tkaronto,
donnent sur les frontières d’une nation.
Balise, phare
Orbes qui nous guident ou nous avertissent.
Couvertes d’étoiles pour survivre
nous protéger ou signaler
Étranges sensations magnétiques
entraînées de force,
vers l’isolement ou la communauté,
pour se rassembler et se connecter les uns avec les autres.

Lieu : Fool’s Paradise/Scarborough Bluffs, Toronto

ispimihk kīsikohk pēyak poko kitayānaw

ispacināsa osci Tkaronto
pokwēti kā wāpahtamihk iyiniwinihk.
wāskwatawēpicikan, wāskwatawēpicikaniwikamik
wāskwatawēpicikanisa kiskinohtahikēwina ahpo
pēyahtakēwina.
akonahikātēwa osci acahkosak osci paspēwin
osci kanawēyimikowisiwin ahpo wihtamākēwin
pītosi pēwāpiski mōsihowina
ocipitamihk kīkway
,ēsi pēyaki pimātisiwin ahpō māmawi wīkowin,
māmawiyatihk ēkwa kiskēmitowin kahkiyaw.

tāntē: Fool’s Paradise/Scarborough Bluffs, Toronto

 

Parmi tous les univers, un seul nous appartient – 2019, Épreuve chromogène numérique, 114,3 x 76,2 cm

Ce vêtement tire son inspiration d’une couverture de survie que Meryl McMaster a trouvée dans les bacs de fournitures de son studio. Au dos étaient notées plus de cinquante recommandations d’utilisation : signaler, réchauffer, abriter. Sur cette photographie prise sur les Scarborough Bluffs à Toronto par un matin brumeux et solitaire, Meryl McMaster se tient tel un phare, drapée dans le matériau réfléchissant tandis que des sphères célestes magnétiques s’amassent autour d’elle. Cette image représente le besoin de rassemblement et de communion de l’humanité, et explore comment nous remédions au sentiment d’isolement en nouant des liens avec les autres.

Nulle trace de pas où je vais

Nulle trace de pas où je vais

Mémoire et migration.
Vers l’inconnu.
Oublier le chemin.
Un lieu nouveau.
Cette démarche n’est pas optimiste.
Ce peut être un moment sombre.
Une fuite vers une destination inconnue et non désirée.
Faites confiance au messager.

Lieu : Waupoos Bay, comté de Prince Edward, Ontario

makīkway astēw misit tahkiskācikan ēti kā itohtēyān

kiskisowin ēkwa pimācihowin.
itohtēwin ēsi ētī namôya ēkiskēhtamihk.
ē waniskisihk mēskanās.
oskinohk.
ōma kā itōtamihk namōy sanguine.
kā kī tipiskāw ispayihowin.
ta paspēk ēsi moy ēkiskēhtamihk ēkwa moy nitawēhtamihk takohtēwin.
tāpwihtawihk wihtamākēw.

tāntē: Waupoos Bay, Prince Edward County, Ontario

 

Nulle trace de pas où je vais – 2019, Épreuve chromogène numérique, 101,6 x 152,4 cm

Meryl McMaster a eu de nombreuses conversations avec les membres de la famille de sa mère pour retrouver l’endroit exact où ses ancêtres ont traversé la frontière des États-Unis au Canada il y a des centaines d’années. Les yeux bandés, Meryl McMaster se dirige vers un inconnu ténébreux, ce qui suggère peut-être que les migrations ne sont pas toujours une entreprise optimiste, mais peuvent impliquer une fuite d’un lieu indésirable.

Meryl McMaster est guidée par la représentation du corbeau, un héros culturel que l’on retrouve dans la mythologie des Premières nations et qui aurait volé le soleil à un homme qui le convoitait rien que pour lui.

Au bord de l’instant

2017, Impression Giclée, 152,4 x 228,6 cm

Amenez-moi dans ce lieu

2017, Impression Giclée, 152,4 x 101,6 cm

Pour la microsérie Au bord de l’instant, réalisée en 2017, Meryl McMaster s’est rendue pour la première fois sur des sites spécifiques d’importance ancestrale dans l’actuel Canada. Ces images ont été prises au Head-Smashed-In-Buffalo-Jump en Alberta, un site patrimonial où les communautés autochtones ont pratiqué la chasse au bison pendant 6 000 ans. Grâce à leur excellente connaissance de la topographie du terrain et du comportement des bisons, les chasseurs les regroupaient, les conduisant à se jeter du haut d’un précipice jusqu’à un camp de boucherie situé en contrebas où leurs carcasses étaient découpées. Bien qu’il s’agisse d’une pratique durable utilisée pendant des millénaires, après l’installation dans les prairies, le bison – et un certain nombre d’autres espèces – a été chassé presque jusqu’à l’extinction.

Meryl McMaster utilise son vêtement pour faire référence à l’élimination d’espèces clés dans cet écosystème et à leur absence aujourd’hui, comme un rappel saisissant de l’impact plus large de la colonisation sur les êtres humains et leur environnement. La coiffe qu’elle porte fait référence à la fourrure de castor utilisée pour fabriquer les hauts-de-forme à la mode au XIXe siècle. De cette coiffe s’échappe un panache de plumes qui rappelle les bustiers de plumes portés par les danseurs des Premières nations lors des cérémonies de pow-wow. La poule des prairies a une importance culturelle et économique pour les Cris des plaines, et Meryl McMaster utilise ses empreintes de façon abstraite pour recouvrir le vêtement qu’elle porte.

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